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On aurait tort de négliger ce que le cidre a représenté dans nos campagnes, et surtout en Normandie et Bretagne en termes de tradition et de culture. Au moins jusqu'aux années soixante, bien rares étaient les fermes qui ne possédaient pas leur verger (ou plus souvent de nombreux pommiers disséminés dans les prairies), et plus encore, leur broyeur et leur pressoir en bois bien à l'abri dans le cellier. Chaque paysan se faisait un point d'honneur de réussir un bon cidre, car si celui-ci était bu à tous les repas par tous les membres de la famille, c'est aussi lui qui désaltérait les nombreux ouvriers agricoles, ainsi que les voisins avec lesquels on s'entraidait pour les travaux de la ferme : battages, moissons. On jugeait beaucoup de la qualité d'une maison à celle de son cidre, et un cidre trop dur ou pire, ayant tourné au vinaigre pouvait ternir à tout jamais une réputation.
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